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Ils ont dû se serrer pour trouver une place tout autour du bassin de La Piscine. Mercredi soir, des centaines de dessinateurs amateurs ont investi le bassin pour la Nuit de l’académie. Et contrairement à l’an dernier, ce sont des modèles vivants qui se sont offerts à leur coup de crayon.

Un froid piquant saisit les personnes qui font la queue dans l’allée de La Piscine. « C’est pas comme si la prof nous avait dit d’arriver plus tôt », soupire, fataliste, une étudiante en art. Des dessinateurs amateurs, il n’y a que ça autour d’elle. Ils étaient 480 à s’être inscrits à la seconde Nuit de l’académie, organisée au musée roubaisien ; plus de deux fois plus que l’an dernier. Mais avant d’accéder au bassin, il faut patienter.

On passe plus lentement un contrôle de sécurité quand on vient chargé de blocs de feuilles, de crayons en pagaille, de craies grasses et de bouteilles d’encre… Alors pendant près d’une heure, les artistes qui ne rebroussent pas chemin attendent en regardant leurs doigts s’engourdir. Pour compenser, ils savourent déjà le moment qui va s’offrir à eux. « On va accéder au musée la nuit, comme des VIP », s’amuse Sylvain, qui suit des cours du soir de dessin avec l’ADEP.

Trois minutes pour une silhouette

Après le froid, c’est une atmosphère surprenante qui le saisit quand il pénètre enfin dans le musée : il n’y a déjà presque plus de place au milieu du bassin, mais de cette foule compacte ne s’élève étonnamment que le faible bruit des mines de graphite qui glissent sur le papier. Au milieu, quatre modèles professionnels, aussi peu vêtus qu’un Apollon d’albâtre, présentent leur corps à des dessinateurs appliqués. Seule une annonce au micro, « on change », vient perturber l’application de ceux qui voient plus le sujet de travail que la nudité dans ces deux hommes et deux femmes entourés de centaines de paires d’yeux.

Toutes les trois minutes, puis toutes les quinze secondes, les modèles changent de pose. Maxime, étudiant à Pôle IIID, peine un peu face à cet entraînement intensif. Noémie, Léa, Julie et Lucie, travaillent les gammes du dessin apprises à l’ESAAT. « C’est un vrai challenge », commente, amusé, Romain, illustrateur qui anime des ateliers à Lille. « Il faut être synthétique. C’est toute la différence entre le dessin d’après photo et face à des modèles vivants. On n’a pas tout le temps que l’on veut. On ne peut pas être exhaustif, on est obligé de choisir telle ou telle partie du corps, simplifier… »

Sur les cahiers, les formes naissent, puis disparaissent au fil des pages qui se tournent. Enfermant dans le papier cet instant unique vécu à la Piscine.

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